La Case
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Corinne, Lamia, Mariame et Sonia

On n’est pas que des mamans !

22/05/2014

Elles se considèrent comme un groupe. Toutes les quatre sont originaires de Villiers-le-bel et membres actives de la Maison de quartier Boris Vian. On les appelle parfois les « daronnes » parce qu’elles sont toutes des mamans. Mais elles n’aiment pas du tout ce qualificatif, parce qu’elles ne sont pas que des mères. « On est aussi des jeunes, des femmes » revendiquent-elles toutes les quatre.

De droite à gauche : Lamia, Corinne, Sonia, Mariame

Depuis début 2014, elles font partie de l’atelier « Identités et paroles partagées » (voir article sur le projet) que La Case propose à la MQBV. A cette occasion, nous leur avons proposé de nous parler un peu plus d’elles, de leur place dans la maison de quartier et de leur implication dans la ville.
Nous nous sommes donc installées confortablement dans la salle parentale de la MQBV. Elles rigolent entre elles et ce qui frappe d’abord c’est leur complicité.

Vous avez l’air de bien vous entendre, vous vous connaissez depuis combien de temps ?

LamiaLamia : On se connait seulement depuis un an.

Comment avez-vous connu la maison de quartier Boris Vian (MQBV), depuis combien de temps la fréquentez-vous ?

Corinne : Je connais depuis longtemps, je faisais partie de l’association qui la gérait avant qu’elle ne soit municipalisée. Mes enfants ont grandi ici ; ils venaient au centre de loisirs et pour l’aide aux devoirs. Après, j’ai abandonné la maison de quartier pendant trois ans car je ne me « retrouvais » plus dans le groupe de l’époque. Je suis revenue cette année, parce que ma fille, après avoir fréquenté la maison, est devenue animatrice. Maintenant j’ai trouvé des personnes avec lesquelles je m’entends bien.
Mariame  : Je la fréquente depuis 2006… J’ai franchi le pas, j’avais peur au début parce que je ne savais pas qu’est que c’était. Je me suis renseigné et on m’a toute de suite accepté, on m’a montré toutes les activités, ça m’a plu et je n’en suis plus partie.
Lamia : Depuis 4 ans que je suis là, j’ai eu connaissance de la maison de quartier par des gens que je fréquentais au parc. Ma fille s’est inscrite seulement cette année, elle s’éclate ici et moi aussi. Je m’y sens bien.
Sonia : J’ai connu la maison de quartier en 2006, mais avant je venais seulement de temps en temps. J’ai commencé à venir plus souvent avec mon petit. Depuis que mes trois enfants viennent régulièrement, c’est un soulagement pour moi… une libération !

Vous avez rencontrés des difficultés ou des obstacles pour venir ici ?

Mariame : Au début mon mari a eu du mal à accepter que je vienne ici. Parce que ce n’est pas trop son « délire » les soirées jeux, les sorties. C’était un combat quotidien, mais j’ai tenu bon et il a fini par comprendre, par accepter. Je m’éclate, c’est un espace pour moi et mes enfants.
Corinne : Pour moi c’était ma famille qui n’acceptait pas… mes parents ne comprenaient pas que je vienne ici. Pour eux c’était une perte de temps.
SoniaSonia : Pas mal de gens pensent la même chose, ils ne voient pas l’intérêt, de ce que peut nous apporter la maison de quartier. Mes sœurs me disaient « n’y va pas, reste chez-toi ».

Lamia : De mon côté, ni ma famille ni mon mari ne se sont opposés à ce que je vienne ici.

Que représente pour vous la maison de quartier ?

Lamia : C’est notre jardin secret.
Mariame : Ici c’est notre espace. Ici on se lâche un peu plus, ce n’est pas qu’on a une double face mais ici on est plus gamines « qu’une autre chose », on est moins responsables.
Toutes : C’est vrai, oui, oui on se lâche, oui, on se lâche ! On s’éclate ! (rires)
Corinne : On oublie tous nos problèmes, même s’ils ont toujours là.
Mariame : Mais on peut devenir sérieuses aussi

Vous vous sentez comme un groupe au sein de la maison de quartier ?

Toutes : oui, oui.
Mariame :
On nous appelle le groupe des mamans.
Lamia : On nous appelle les « daronnes » (maman en argot).
Sonia : Ca nous énerve des fois.
Corinne : Oui, ça nous énerve, parce que, d’accord on est des mères, mais on nous voit toujours que comme ça.
Lamia : On nous propose des activités de vieux parce qu’on est des mamans alors que nous nous sentons jeunes.

Ça vous dérange qu’on vous appelle le groupes des mamans, le groupe des femmes ?

Lamia : On n’est pas que des mamans ni que des femmes. On a envie de s’amuser. On est des jeunes !
Mariame : C’est comme si les mamans ne déconnent pas, ne dansent pas, ne chantent pas, ne rigolent pas… comme si on faisait que la cuisine et se maquiller.
Corinne :
Alors qu’on peut faire plein des choses. On veut qu’on nous considère comme un tout : femmes, mères, jeunes.
Toutes : On nous propose des activités de vieux … des visites aux châteaux, des promenades.
Corinne : Souvent, on ne se retrouve pas dans les activités proposées dans le secteur famille. On est jalouses des activités des enfants et des jeunes. Par exemple : visiter l’aquarium, assister a des spectacles d’humour. Nous aussi on aimerait bien rigoler aussi.

Vous proposez des activités ?

CorinneCorinne : Oui, et la maison de quartier a fait des changements. C’est vrai que maintenant on nous propose d’autres activités.
Mariame :
On propose mais on ne dispose pas. On comprend aussi que c’est compliqué de faire plaisir à tout le monde et qu’il n’y a pas le budget pour tout faire.
Sonia : On voudrait aller au bowling et à la patinoire !

A la maison de quartier, vous faites des activités avec vos enfants ?

Toutes : Oui, plein des choses !
Lamia : Des soirées jeux, karaoké, danse…
Mariame : Mais je n’aime pas faire du karaoké avec les enfants parce qu’ils prennent toute la place !
Corinne : C’est important de faire des activités avec les enfants mais aussi sans eux.
Mariame : Oui, c’est vrai, parce qu’on n’a pas les moyens de faire garder nos enfants et parfois on se prive à cause de cette raison. Il pourrait y avoir un système de garde dans la soirée… Ca serait sympa. Bon, de temps en temps, pas toujours ! On aime bien nos enfants aussi (rires).

Vous vous sentez bien à la maison de quartier Boris Vian ?

Toutes : Ahhh oui, sinon on ne serait pas là.
Mariame  : On est chez nous ici !
Lamia : Elle est très bien équipée.
Sonia : On s’y sent bien.
Corinne : On a de la chance d’avoir une maison de quartier comme Boris Vian. On est un groupe partant, je sais que je rechigne sur les activités mais j’y vais quand même et je suis contente.
Mariame : Parfois on est dures, mais on n’est pas que des râleuses.

Est- ce que vous fréquentez d’autres structures de la ville ? Comment vous investissez-vous dans Villiers-le-Bel ?

Toutes : Oui, on bouge beaucoup !
Mariame :
Je suis toujours en lien avec les autres maisons de quartier.
Corinne : Quand il y a des activités ponctuelles, je m’y rends. Je fais beaucoup de bénévolat dans les fêtes de quartier et de la ville.
Lamia :
Oui, je fais d’autres activités
Sonia : Nous on se déplace pas mal, mais les autres ne viennent pas souvent chez nous.
Mariame : On s’investit dans d’autres choses aussi…

Vous faites parti de l’atelier « Identités partagées » proposé par La Case. Avez-vous adhéré facilement ? Que vous apporte-t-il ?

Corinne : Au début je ne comprenais pas trop de quoi il s’agissait, j’y suis allée mais sans conviction, sans trop savoir où on allait, c’était trop vague comme thème. Mais je connaissais Samuel (formateur de La Case) et j’ai bien voulu essayer.
Mariame : On est là pour découvrir. On goûte à tout et après si on aime on reste et sinon on ne retourne pas… Pour cet atelier, j’ai kifé dès le départ.
Sonia : Pour la première séance, on appréhendait… mais une fois commencé, on a appris pas mal des choses… sur les prénoms
Lamia : Oui, oui ! Lors de la première séance on s’est posé pas mal des questions sur notre famille, pour savoir qui nous avait donné notre prénom. On a « creusé » dans notre histoire.
Corinne : Dans la première séance on avait rigolé sur nos prénoms.
Toutes : Pour la deuxième on a pleuré, oui, on a pleuré et rigolé !

Qu’est que vous attendez pour les prochaines séances ?

Toutes : Continuer comme ça ! On aime bien !
Corinne : Continuer pareil ! En plus on a de la chance parce que Samuel et Claire (animatrice de la MQBV) participent aux activités comme nous. Si on se met à nu, ils le font aussi.
Sonia : On a de la chance, on se dévoile tous !
Lamia : L’atelier nous a permis de mieux connaitre Claire… c’est marrant.
Mariame : Oui, ça c’est bien, du coup on s’entend mieux.
Corinne : L’atelier a crée une nouvelle complicité dans le groupe, on se connait mieux et on parle après les séances.
Mariame : Oui, mais entre nous, parce qu’on a fait une promesse… Et dès qu’il y a quelqu’un d’extérieur on se tait.
Lamia : Ce qu’il se passe dans l’atelier reste dans l’atelier.

Un mot de la fin ?

Corinne : Samuel, tu reviens quand ?

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