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Linda RASOLOMALALA

« Une classe d’eau, c’est un projet que les enfants n’oublieront jamais »

28/06/2011

« C’est impérissable ! Une classe d’eau, c’est un projet que les enfants n’oublieront jamais. ». Linda, enseignante à Villiers-le-bel, ne tarit pas d’éloges sur le dispositif. Entre des rencontres des responsables de la gestion de l’eau et la découverte d’une mare et des Impressionnistes, les élèves des 5 classes de l’école Gérard Philippe qui ont navigué de manière ludique et pédagogique sur le thème de l’eau ont rendu leurs professeurs et leurs parents très fiers d’eux.

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Linda, professeure de CE1, est venue au siège de l’association La Case pour témoigner sur les classes d’eau. Les classes d’eau font flotter depuis plus de 20 ans toute une génération d’élèves à la découverte de cette ressource précieuse. Ce dispositif lancé par l’Agence de l’Eau Seine Normandie et relayé par l’association La Case en Val d’Oise invite les enseignants et les élèves à laisser place pendant toute une semaine à un travail sur l’eau. Des visites, des interventions de personnes extérieures et des ateliers en classe se succèdent pour éclairer les nombreuses facettes de l’eau. Nous vous invitons à écouter Linda nous parler de sa classe d’eau.

Comment avez-vous monté votre classe eau ?
Après une première classe d’eau l’année dernière, nous avons décidé cette année que la classe d’eau serait un projet d’école avec cinq classes du CP au CM2, ce qui représente une centaine d’enfants. Nous avons réalisé notre programme fin mars, début avril. Les grands ont travaillé sur les Impressionnistes, les petits sur la mare.

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Pourquoi une classe d’eau ?
Si l’on regarde les programmes scolaires, l’eau recouvre plusieurs niveaux de compétences à acquérir surtout pour les cycle 2 et cycle 3. Comme l’eau est un thème transversal, nous avons pu avoir une approche interdisciplinaire. Pendant la semaine banalisée, nous avons travaillé sur plusieurs domaines : la citoyenneté, la géographie, les maths, le français, la poésie, l’expression orale, l’histoire et notamment les métiers anciens.

Qu’est-ce que la classe d’eau vous a permis de faire ?
La classe d’eau nous a permis de valoriser des compétences que les élèves avaient déjà ou qu’ils ont pu acquérir à ce moment là. Nous avons pu aborder plusieurs notions en rapport avec le programme scolaire tout en faisant des liens avec le quotidien des élèves. Ils ont pu découvrir des actes de tous les jours dont ils ne prenaient pas conscience. Les problèmes de maths autour des factures d’eau leur ont fait ouvrir les yeux sur un geste de la vie courante tel qu’ouvrir un robinet ce qui crée des dépenses. La classe d’eau invite les élèves à faire attention à leur environnement. Depuis les visites des deux usines qui se trouvent aux deux bouts de la chaine du cycle de l’eau domestique, celles d’épuration de Bonneuil-en-France et celle de potabilisation de Méry-sur-Oise, les élèves ne jettent plus n’importe quoi.

La classe d’eau a-t-elle eu des liens avec d’autres projets menés dans l’école ?
Cette année les classes de CM2 ont mené en parallèle un travail sur les déchets. Les élèves ont mis en place des poubelles de tri pour chaque classe. Ils sont intervenus dans les autres classes pour expliquer le recyclage.

En quoi la classe d’eau favorise-t-elle la dynamique d’école ?
Travailler avec cinq classes d’une même école permet de faire des liens entre les niveaux. Concrètement, la réalisation d’une fresque sur le cycle de l’eau naturel a permis de faire des ponts entre les classes. Il n’y a pas eu autant de liens que prévu parce que nous avons rencontré des soucis de date. Les CM2 ne sont pas venus en classe de CP et CE1 mais ils ont présenté aux parents et aux autres enfants leurs travaux lors de la séance de fin d’année.

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Qu’est-ce que les 600 € ont permis de faire ?
Le financement de 600 € nous a permis de payer des sorties et de faire intervenir des personnes extérieures. Les CM2 sont allés au Château d’Auvers-sur-Oise pour un travail sur les impressionnistes tandis que les CP et les 2 CE1 ont travaillé sur la mare et ont pu visiter la mare de la ferme d’Ecancourt. Sans ces 600 €, malheureusement, on ne pourrait pas aller très loin. Nous avons offert le livre sur l’eau de la collection Kikidoc d’une valeur de 10 euros aux élèves de CP et de CE1. Ils continuent de lire ce livre sur l’eau qui va leur servir dans les années à venir. D’autre part, nous avons développé les photos des sorties et des activités pour que tous les parents aient un souvenir avec le carnet de bord de leur enfant.

Comment s’est passée votre visite de la Ferme d’Ecancourt ?

La ferme d’Ecancourt a l’habitude de recevoir des groupes scolaires, leur dimension pédagogique a bien marché pour que les enfants reconnaissent les roseaux, les tritons, les larves de libellule, les crapeaux, les grenouilles. Par exemple, après la pêche aux insectes, les élèves ont analysé et réussi à identifier les différentes espèces avec l’aide de photos. Cette sortie fut l’occasion d’apprendre du vocabulaire sur la mare et sur la chaine alimentaire avec le support de la vidéo C’est Pas Sorcier. On a appris que la mare est un écosystème qu’il faut entretenir.

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Comment avez-vous abordé la question de la gestion de l’eau ?
Nous avons fait appel à Serge Loterie, conseiller délégué à la ville de Villiers-le-bel. Pendant deux jours, il est sorti avec les 5 classes et nous a amené sur les sites historiques de la commune en lien avec l’eau. Nous avons découvert la source Chauvée, le puits gallo-romain et le château d’eau. Le château d’eau a fasciné les élèves. Serge Loterie a répondu aux questions suivantes : pourquoi est-il en hauteur, comment est-il en lien avec cycle de l’eau domestique. Il a pointé notre attention sur choses qui peuvent paraître banales dans le paysage urbain comme les égouts ou les bouches à incendie. Serge Loterie est patient et disponible, sollicite les enfants et surtout adapte son discours aux niveaux des enfants. Il nous a offert un livre sur l’histoire de l’eau à Villiers-le-bel.

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Quelles sont les autres visites que vous avez effectuées ?
Les pompiers de Villiers-le-bel nous ont accueilli chaleureusement. Ils nous ont expliqué les gestes de premiers secours, montré les véhicules et sorti l’échelle. Nous avons découvert le fonctionnement de la caserne et notamment la place de l’eau.

Mener une classe d’eau, c’est accepter de ne travailler que sur ce thème pendant une semaine. Cette façon de travailler déstabilise-t-elle les enfants ?
Une semaine banalisée, c’est important, les enfants travaillent une semaine entière sur l’eau, c’est donc casser leurs habitudes. Je ne dirais pas que c’est excitant mais plutôt que mener une classe d’eau, c’est stimulant et intéressant !

Après deux classes d’eau, quels conseils donneriez-vous à des enseignants qui souhaiteraient monter un tel projet ?
Après deux classes d’eau, je vois bien où il faut aller et où je vais. Mais pour cela il faut toujours avoir en tête le fil conducteur pour ne pas se noyer dans plusieurs domaines. Pour nous, le fil rouge fut la mare. Enfin je conseillerais aux professeurs de ne pas avoir peur de laisser les enfants agir, parler manipuler. La classe d’eau est une occasion unique de réaliser des choses originales.

Quelle critique formulez-vous l’égard des classes d’eau ?
Il s’avère très difficile de faire honneur à l’emploi du temps car nous avons rencontré de nombreuses modifications. Il faut donc s’attendre à ce que la semaine déborde à 10 ou 15 jours.

Qu’est-ce que le partenariat avec La Case vous a apporté ?
Le partenariat avec La Case nous aide beaucoup : la liste des partenaires que l’on peut solliciter ou des lieux de visites que La Case propose est très précieuse. Le site internet de La Case nous aide beaucoup aussi en terme de ressources pédagogiques.

Quels sont vos sentiments après deux classes d’eau ?
J’ai monté deux classes d’eau très différentes avec deux approches différentes. J’en retiens un enrichissement fort grâce aux partenaires. Aller à la rencontre d’acteurs, ça permet d’apprendre. Je ressens de la fierté d’avoir emmené les enfants dans un tel projet. Je suis heureuse de choses simples mais fortes comme d’avoir vu les enfants tenir une épuisette. Ce projet les marquera. C’est un projet que l’on n’oublie pas, pour les enfants et même pour nous. Bref, une classe d’eau, c’est impérissable !

Comment les élèves ont-ils accueilli la classe d’eau ?
Ils sont très contents de leur semaine classe d’eau. La remise des prix avec le diplôme classe d’eau leur a plu. Les élèves étaient très fiers de ce projet, ils m’en parlent encore.

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Quel bilan tirez-vous de la classe d’eau ?
La classe d’eau, c’est ludique et pédagogique. En tant qu’enseignant, c’est également un projet sur lequel il est possible d’évaluer les enfants. La classe d’eau s’insère complètement dans le projet d’école au travers de l’axe éco-citoyenneté. J’ai apprécié le côté vivre-ensemble : il s’agit d’une expérience en groupe qui amène à écouter l’autre. Enfin, mener un projet à terme ensemble, c’est important.

Propos recueillis par Mickaël Bodergat (mickael[a]lacase.org)

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