La Case

Retour sur le chantier Burkina 2012-2013

une expérience humaine riche en émotions

19/02/2013

Du 23 décembre 2012 au 6 janvier 2013, 6 jeunes d’Eragny et leurs deux encadrants ont participé à un chantier solidaire dans l’arrondissement de Nongrom’ason de Ouagadougou dans le cadre de la coopération décentralisée entre ces deux collectivités. Retour sur une expérience interculturelle, de découverte de soi-même et porteuse de citoyenneté.

L’arrivée des français-e-s

C’est après avoir passé une semaine sur place à finir de caler le séjour, le transport et l’hébergement avec les partenaires Burkinabè que j’ai accueilli les 6 jeunes français et Fanny (2ème encadrante) à l’aéroport de Ouagadougou, en présence de tous les binômes Burkinabè.

Les participant-e-s

Côté français : Anissa, Cécile, Cilou, Diara, Laura et Christophe, jeunes âgés de 19 à 23 ans. Leurs deux encadrants : Fanny et moi-même, qui avons déjà accompagné les jeunes du chantier 2010 : on ne change pas une équipe qui fonctionne bien et qui a, une fois de plus, été très complémentaire.

Du côté Burkinabè : Adiarata, Amandine, Edwige, Georgette, Rihanata et Olivier, âgés également de 19 à 23 ans et leurs deux encadrants Mahmoudou et Inoussa qui avaient participé au chantier 2010 en tant que binômes et qui, cette fois, sont passés de l’autre côté avec brio et compétence.

Le chantier le matin

Rénovation intérieure et extérieure de 3 salles de classe de Nioko (ville du lieu du chantier faisant partie de l’arrondissement de Nongrom’ason), à savoir, nettoyage, ponçage, enduit et peinture le matin.

Un chantier bien encadré par Edmond, notre chef de chantier très pro et attentionné à la fois, terminé en temps et en heure et durant lequel chacun-e a pu trouver sa place et prendre du plaisir même si cela a pu parfois être éprouvant avec la chaleur et la poussière.

Les visites et sorties l’après-midi

Les après-midi étaient généralement consacrés à des visites ou à des temps libres.

Au programme :

- la visite du Naaba (chef coutumier) de Nioko, passage obligé avant de se lancer dans le chantier, une personne très intéressante, intéressée par notre projet et disponible pour répondre aux nombreuses questions des jeunes,
- la visite du grand marché : un choc culturel et un sentiment d’oppression pour certains,
- le Parc urbain Bangr Weogo : un moment de détente au milieu de la végétation et une visite des serres fort intéressante,
- la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé, un moment étonnant et la première rencontre avec des crocodiles en chair et en os pour la plupart des jeunes,
- le musée des Mossi de Manéga : une plongée au cœur de la culture de l’ethnie majoritaire au Burkina,
- la visite des familles des binômes burkinabè : un moment très fort et inoubliable pour les jeunes français-e-s.

Et puis, comment ne pas citer les fêtes de Noël et du nouvel an passées tous ensemble qui auront été des moments intenses de partage et de fête.

Exemples de différences culturelles vécues par les jeunes

A l’arrivée des français, vers 2h du matin (après être partis à 5 heures du matin d’Eragny et avoir fait une escale à Casablanca), les Burkinabè, ayant traversé une partie de la banlieue de Ouaga en moto pour venir les accueillir, offrent spontanément de porter les valises des français fourbus. Refus de la part des français gênés par tant de sollicitude de la part de personnes qu’ils ne connaissent pas encore... Incompréhension de la part des Burkinabè qui ne s’attendaient pas à une telle réaction...

Surprise des Burkinabè devant les bavardages des français à table à la villa des français. Chez eux, on ne parle pas quand on mange ! Et puis, si on mangeait par terre avec la main, ce serait tout de même plus sympa ?

Comment traverser une route à pied dans le centre ville sans manquer de se faire écraser ? Les piétons ne sont pas prioritaires ? Où sont les passages piétons ?

En dépit de ces petites incompréhensions culturelles, pour la plupart vite aplanies lors de réunions de régulations, ces deux groupes se sont très bien entendus et ont pu échanger dans la joie et la bonne humeur malgré la fatigue parfois présente en raison du travail sur le chantier.

Une première évaluation sur place du séjour en présence de tous les jeunes et encadrant-e-s

L’avant dernière soirée du séjour était consacrée à un recueil collectif de ressentis de la part des jeunes et des encadrant-e-s, recueil qui a été présenté le dernier soir aux responsables et facilitateurs du séjour sur place, à savoir Moussa Fa (directeur de cabinet du maire d’arrondissement), Philippe Ilboudo (Président de l’Association de Jumelage Eragny Nioko) et Edmond Simpaoré (le chef de chantier).

Là encore, un moment fort durant lequel chacun-e a pu s’exprimer librement et en toute sincérité sur 3 points : ce qui l’a surpris, ce qui l’a gêné, ce qu’il ou elle a aimé.

Au retour, un travail de relecture et de restitution sur plusieurs séances

Des entretiens individuels et anonymes de chaque jeune ont été réalisés par Bertrand, un collègue de l’association, environ 15 jours après leur retour. C’est un moment important pour recueillir les ressentis individuels sur le projet en général (préparation, séjour, vie de groupe, interculturel, suites envisagées...).

Lire l’article de Bertrand à ce sujet suite aux entretiens qu’il a fait passer.

La synthèse de ces entretiens est disponible en cliquant sur l’image

PDF - 317 ko
Synthèse des entretiens

Ensuite, une première séance de relecture a eu lieu durant laquelle les jeunes ont pu revenir sur leurs ressentis avec du recul et de l’analyse.

Cela a permis de préparer la séance suivante qui portait, elle, sur la formulation des messages clés en vue de la restitution au Conseil municipal d’Eragny du 15 février.

Les points forts du projet soulignés par les jeunes lors du Conseil municipal d’Eragny le 15 février 2013

- Des relations humaines riches en émotion,
- la solidarité : le partage avec les Burkinabè,
- la visite des familles,
- la bonne ambiance et l’esprit de famille entre les français,
- un séjour très positif,
- l’accueil chaleureux des Burkinabè et leur grande disponibilité,
- les apports et l’entraide mutuels,
- le travail sur le chantier qui s’est bien déroulé et qui s’est terminé à temps,
- confirmation de l’envie de donner son temps/s’engager dans/pour la solidarité,
- le travail avec les deux encadrants burkinabè,
- tout s’est bien déroulé alors que ce n’était pas certain au départ.

Enfin, les jeunes ont bien souligné leur envie de faire perdurer le projet. Et pourquoi ne pas faire venir les Burkinabé la prochaine fois ?

Vidéo Chantier Burkina 2012-2013


Chantier Burkina 2012 par AssociationLaCase

Plus d’informations :

Samuel Turakiewicz

samuel[at]lacase.org

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