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Durant l’année scolaire 2025-2026, l’Association La Case a été sollicitée par le département de la Seine-Saint-Denis (93), afin d’animer plusieurs parcours de valorisation des luttes anti-racistes auprès de collégien·nes du département.
Suite à la finalisation de ces parcours pédagogiques, notre animatrice Adesola Sekumade, a souhaité nous faire un retour sur son expérience.
Bonjour Adesola ! Avant toute chose, peux-tu me dire comment a débuté le projet ? Et quel été l’objectif de ces parcours ?
Adesola : Le département de la Seine-Saint-Denis a lancé un appel à projet nommé "Jeunes contre le racisme", et en répondant à cet appel La Case a pu sélectionner le parcours qui lui tenait à cœur "Valorisation et transmission des luttes anti-racistes" et l’animer dans 3 collèges du 93.
Et même si, l’Association La Case a pour habitude de sensibiliser différents publics aux discriminations, et notamment au racisme, ces parcours pédagogiques nous ont permis de travailler avec une approche que nous n’avions pas souvent l’habitude d’expérimenter jusqu’ici en mêlant la sensibilisation à l’art.
En effet, je n’ai pas animé ces parcours toute seule, mais avec un artiste Lucas Ribeyron qui utilise la technique de la sérigraphie (technique d’impression sur différents supports).
Pour rentrer un peu plus dans les détails, les parcours proposés incluaient 6 séances : 3 séances de sensibilisation par l’équipe de La Case, 2 séances de création de T-shirts et tote-bags engagés en lien avec la thématique traitée (dessin et création des croquis et production en sérigraphie sur les supports) en co-animation avec Lucas et 1 séance de préparation à la restitution.
Cette restitution a d’ailleurs eu lieu le 5 juin 2026 et les élèves ont dû décrire leurs œuvres et expliquer le message derrière celles-ci, devant les autres collèges du département lors d’une exposition organisée par le département lui-même.
Comment s’est passée la sélection des établissements et des classes bénéficient des parcours ?
Adesola : Le département a simplement réparti les classes sur les différents parcours proposés.
Tu as travaillé avec un artiste, Lucas Ribeyron, en quoi sa vision artistique a apporté une vraie plus-value aux parcours ?
Adesola : Durant les séances, j’ai eu l’occasion de présenter aux collégien·nes, la façon dont l’art pouvait prendre une grande place dans la manière dont les différentes luttes anti-racistes étaient menées. J’ai également appuyé le fait qu’il y avait plusieurs manières de lutter et que l’art en faisait souvent partie.
L’intervention de Lucas a rendu les choses plus ludique et tangible pour les jeunes et cela leur a permis de pouvoir s’exprimer plus librement, sans censure.
De plus, les approches que Lucas utilisent sont très similaires à celles de La Case.
Quelle a été ta plus grande fierté lors de ces parcours ? Ont-il eu le succès escompté ?
Adesola : Je pense que nous sommes arrivé·es au bout de notre objectif de départ, ce qui me pousse à dire que le projet a eu le succès escompté.
Mais pour Lucas et moi, notre plus grande fierté restera de voir les élèves s’investir dans leur restitution et s’approprier leur travail avec fierté et sans honte. Nous sommes très chanceux·ses d’avoir assisté à ce moment.
Avez-vous rencontré des difficultés lors de ces parcours ?
Adesola : Nous avons eu quelques soucis de mise en œuvre, notamment, avec un collège sélectionné, qui n’a malheureusement pas pu suivre le parcours et qui a donc pris du retard.
Et ce qui peut arriver dans n’importe quel parcours pédagogique, nous avons aussi eu quelques séances compliquées, mais cela n’a eu aucune incidence sur la finalité du projet.
Y-aura t-il une suite à ce projet ?
Adesola : Les parcours ont été redéposés auprès du département pour l’année prochaine (2026-2027).
Au vu de l’engouement des élèves et enseignant·es, nous espérons pouvoir reprendre le projet à la rentrée, toujours avec Lucas évidemment, et peut-être avec quelques ajustements sur la répartition des séances.
Un dernier mot ?
Adesola : Pour être honnête, je trouverais pertinent et intéressant de faire le même parcours en le liant à d’autres formes de discrimination.
"Sur le moment, ça a été cool et j’ai bien aimé, et après (le parcours) mon esprit a totalement changé" - Élève du parcours "Valorisation et transmission des luttes anti-racistes"